Le Musée des Beaux-Arts de Cordoue est l'une des institutions artistiques majeures d'Espagne. Fondé en 1844 et installé depuis 1862 dans l'ancien Hospital de la Caridad, un bâtiment Renaissance restauré dans les années 1930, il occupe la même aile que le musée Julio Romero de Torres sur la Plaza del Potro. Le bâtiment lui-même — hauts plafonds, bonne lumière, cours en pierre — convient bien à sa fonction, et la situation sur l'une des plus vieilles places de Cordoue enrichit la visite avant même d'entrer.
Le baroque andalou au cœur des collections
Les peintures baroques andalouses forment le noyau de la collection. Francisco de Zurbarán, Juan de Valdés Leal et Antonio Palomino ont produit ici des œuvres qui définissent l'âge d'or de la peinture espagnole — compositions religieuses intenses, jeux de lumière dramatiques, maîtrise technique qui n'a rien perdu de sa force.
Les œuvres de Zurbarán méritent qu'on s'y attarde. Ses figures religieuses monumentales — frères, martyrs, saints présentés avec une franchise saisissante — illustrent la technique qui en fit le peintre favori de la Contre-Réforme espagnole. Valdés Leal est mieux connu pour ses memento mori de Séville, mais les œuvres ici montrent l'étendue de son registre technique. Palomino, né lui aussi à Cordoue, est représenté dans une période de son œuvre rarement visible hors de Séville.
Prenez le temps dans ces salles avant de passer à la suite. Les peintures supportent le regard soutenu que seule une galerie bien éclairée et peu fréquentée permet — ce musée, en dehors du circuit touristique principal, reste rarement bondé.
Les salles du XIXe et du XXe siècle
La collection continue au XIXe siècle avec Ignacio Zuloaga et José Gutiérrez Solana, et s'étend jusqu'au XXe avec des œuvres de Antoni Tàpies, Eduardo Chillida et Antonio Saura. L'étendue chronologique donne une lecture cohérente de la trajectoire de la peinture espagnole sur six siècles.
Combiner sur la Plaza del Potro
Les deux musées partagent le même bâtiment : une seule visite suffit pour découvrir les Beaux-Arts et les œuvres de Julio Romero de Torres, peintre symboliste cordouan du début du XXe siècle. Le Centre Flamenco Fosforito est également sur la place — les trois ensemble constituent une demi-journée culturelle dense et peu banale.
Infos pratiques
L'entrée est gratuite pour les ressortissants de l'Union européenne. Le musée est fermé le lundi. La Mezquita-Cathédrale et le Pont Romain sont tous deux à moins de quinze minutes à pied.