Le Museo Taurino de Córdoba est le seul musée consacré à la tauromachie installé en dehors d'une arène en Espagne. Il occupe la Casa de las Bulas, une demeure du XVIe siècle au coeur de la Judería, à quelques minutes de la Synagogue et de la Casa de Sefarad. L'adresse seule — Plaza de Maimónides — dit quelque chose sur la densité historique du quartier.
Les cinq « califes » de Cordoue
Le musée est construit autour d'un récit précis : cinq matadors cordouans ont été surnommés « califes » en référence à la grandeur médiévale de la ville. Lagartijo (Rafael Molina, 1841-1900) fut le premier, reconnu pour une élégance de cape qui faisait se lever les tribunes d'une manière que ses contemporains décrivaient comme chorégraphique. Guerrita (Rafael Guerra, 1862-1941) lui succéda dans la légende, puis Machaquito (Rafael González, 1880-1955).
Les deux derniers sont les plus documentés. Manolete (Manuel Rodríguez Sánchez, 1917-1947) mourut dans l'arène de Linares le 28 août 1947, encorné par le taureau Islero de la ganadería Miura. Il avait 30 ans. Le musée conserve le costume qu'il portait ce jour-là, taché, avec une sobriété qui rend la vitrine difficile à quitter. El Cordobés (Manuel Benítez Pérez, né en 1936), le cinquième califa, est le plus populaire des années soixante — ses affiches et photographies occupent une salle entière.
Les collections permanentes
Les trajes de luces — les habits de lumière brodés d'or et d'argent portés dans l'arène — forment l'axe visuel du musée. Certains sont d'une finesse de broderie qui n'a rien à envier aux ornements d'église les plus travaillés de la Mezquita-Catédrale. Les têtes de taureaux naturalisées, dont celle d'Islero, sont exposées dans les mêmes salles que les portraits et affiches de l'époque.
Les cartels (affiches de corrida) couvrent plusieurs décennies et donnent une bonne idée de l'évolution graphique de la communication taurine depuis le XIXe siècle. Des QR codes en anglais sont disponibles sur les cartels principaux pour les non-hispanophones.
Le bâtiment lui-même mérite attention : la cour intérieure de la Casa de las Bulas, avec ses arches et sa fontaine, est l'une des plus tranquilles de la Judería. La visite dure 45 minutes à 1 heure. Le musée a rouvert en 2014 après neuf ans de restauration du bâtiment.
Organiser votre visite
Entrée 4€, étudiants 2€, gratuit pour les enfants jusqu'à 13 ans. Gratuit le vendredi pour tous. Fermé le lundi. Le musée est à deux minutes à pied de la Maison de Maimonide et s'intègre naturellement dans un circuit de la Judería.