- 🎨 Une fusion rare entre sculpture contemporaine et vestiges archéologiques
- 🌿 Une extension florale qui dialogue avec la tradition des patios de mai
- 🏛️ Un lieu insolite ouvert gratuitement au public en plein centre historique
L'exposition Eva Llamas à Cordoue propose un voyage sensoriel unique en mai. Entre sculptures organiques et vestiges archéologiques, l'artiste transforme le Colegio de la Abogacía en un espace de réflexion sur l'identité et la mémoire. Un rendez-vous culturel à ne pas manquer.
L’exposition Eva Llamas à Cordoue, intitulée « Mujer, raíz y vuelo » (Femme, racine et vol), s’installe jusqu’au 29 mai 2026 dans un lieu pour le moins inattendu. Le siège du Colegio de la Abogacía (l’Ordre des avocats), situé rue Morería, ouvre ses portes à la création contemporaine andalouse.
Cette installation n’est pas une simple présentation de peintures. Elle regroupe plus de trente œuvres mêlant sculpture murale, pièces en ronde-bosse et peintures matiéristes. En mai 2026, alors que la ville vibre au rythme des fleurs, l’artiste cordouane propose une réflexion profonde sur la transformation et l’identité.
Infos pratiques pour votre visite
- Dates : Jusqu’au 29 mai 2026
- Lieu : Colegio de la Abogacía de Córdoba (Calle Morería, 5)
- Prix : Entrée libre
- Horaires : Lundi au jeudi (9h-14h et 17h-19h30), vendredi (9h-14h)
- Accès : À 5 minutes à pied de la Place de las Tendillas
Pourquoi l’exposition Eva Llamas bouscule-t-elle les codes ?
Ce qui frappe d’abord le visiteur, c’est le contraste radical entre la fonction administrative du bâtiment et la puissance organique des œuvres. À 10h, avant que la chaleur n’écrase les ruelles, j’ai observé ce dialogue saisissant : les murs blancs et austères de l’institution juridique servent d’écrin à des formes qui semblent avoir poussé directement du sol.
L’exposition est une évolution directe de son précédent projet au Palacio de Viana, mais elle gagne ici une dimension historique supplémentaire. Le bâtiment du Colegio intègre des vestiges archéologiques antiques qui ne sont pas de simples décors, mais des acteurs du parcours. L’artiste utilise ces pierres millénaires comme symbole de permanence face au changement.
Contrairement aux musées à Cordoue au programme gratuit de mai, cet espace offre une intimité rare. Là où les grandes institutions gèrent des flux de groupes, ici, on se retrouve souvent seul face à la matière. La « racine » n’est pas seulement un concept esthétique ; c’est une réalité physique où la céramique rencontre la pierre romaine.

Comment l’art contemporain dialogue-t-il avec l’archéologie ?
L’œuvre d’Eva Llamas repose sur une technique mixte expérimentale. Elle combine la céramique, les matériaux organiques et les fleurs séchées pour créer ce qu’elle appelle une « continuité vitale ». Le mécanisme est clair : chaque pièce est conçue pour sembler inachevée, en pleine mutation, comme pour rappeler que l’identité humaine n’est jamais figée.
Un élément distingue particulièrement cette édition 2026 : l’intervention de l’artiste invitée Ana Ruiz (connue sous le nom de @a_petalada). Elle a créé des installations florales qui prolongent les cadres et les sculptures vers le sol.
« Ce projet naît d’une continuité vitale et créative avec mes travaux précédents, cherchant à transformer l’expérience féminine en un langage universel. »
— Eva Llamas, artiste (traduction)
Cette collaboration ancre l’exposition dans la tradition locale. En plein mois de mai, alors que les touristes se pressent pour voir les fleurs dans les patios de Cordoue, Eva Llamas propose une alternative. Elle ne montre pas la fleur comme un ornement, mais comme une extension de la chair et de la pensée.
Un parcours entre matière et mémoire
Pour comprendre l’impact de cette visite, il faut analyser la structure du parcours en trois temps :
- La Racine : Des œuvres lourdes, ancrées au sol, dialoguant avec les fondations visibles du bâtiment.
- Le Transit : Des sculptures murales qui jouent sur les textures (terre, fibres, pigments) représentant le mouvement.
- Le Vol : Les interventions florales aériennes d’Ana Ruiz qui symbolisent l’émancipation.
Franchement, voir ces fleurs s’échapper des cadres pour ramper sur les pierres anciennes est une expérience qui réconcilie la Cordoue historique avec sa scène artistique actuelle. C’est une facette que l’on retrouve aussi dans les recherches historiques sur les femmes médiévales d’Andrea D. Morales, où l’on cherche à déterrer les racines oubliées de l’identité andalouse.
Selon l’Ayuntamiento de Córdoba et les registres du Colegio de la Abogacía, ce type d’initiative vise à décentraliser la culture hors des circuits purement touristiques pour l’intégrer dans les lieux de vie quotidienne des Cordouans.

Le silence fertile de la rue Morería
L’exposition ne se contente pas de décorer un hall ; elle transforme la perception d’un quartier souvent traversé à la hâte. En sortant, le regard change sur les murs qui nous entourent. On comprend que sous chaque bâtiment moderne, une racine ancienne attend son heure, et que l’art est le seul outil capable de la rendre visible sans la briser.
Ce que les guides traditionnels oublient de mentionner : le Colegio de la Abogacía est l’un des rares bâtiments de Cordoue où l’on peut contempler des vestiges archéologiques dans un silence absolu, sans payer de billet d’entrée, tout en découvrant la fine fleur de la sculpture contemporaine espagnole.
Questions fréquentes
L’exposition est-elle adaptée aux enfants ?
Oui, la dimension tactile et florale des œuvres d’Eva Llamas est très visuelle. Cependant, comme il s’agit d’un lieu de travail (Ordre des avocats), le calme est de rigueur. C’est une excellente introduction à l’art contemporain grâce aux matériaux naturels utilisés.
Faut-il réserver pour visiter le Colegio de la Abogacía ?
Non, l’accès est libre et sans réservation durant les horaires d’ouverture. Il suffit de se présenter à l’accueil. C’est le créneau idéal de 17h le mardi qui offre la meilleure lumière sur les œuvres murales.
Quelle est la différence avec une visite de patio classique ?
Contrairement aux patios qui misent sur l’accumulation de fleurs vivantes en pots, cette exposition travaille sur la fleur comme matière artistique. C’est une approche plus intellectuelle et symbolique de la tradition florale cordouane, loin de l’esthétique habituelle des cartes postales.
