Eva Llamas à Cordoue : l’exposition Mujer, raíz y vuelo

Exposition de sculptures contemporaines d'Eva Llamas dans le patio du Colegio de la Abogacía à Cordoue, mettant en valeur des textures organiques et minérales.
  • 🎨 Plus de 30 œuvres mêlant sculpture muraliste et peinture matérique
  • 🏛️ Un lieu atypique au cœur de la Judería pour une immersion artistique
  • 🌿 Une réflexion sur les cycles de vie, de la racine à la transformation

L'exposition Mujer, racine et vol de l'artiste Eva Llamas propose une immersion sensorielle au Colegio de la Abogacía de Cordoue. Entre sculptures murales et peintures matériques, découvrez comment cette créatrice locale redéfinit l'identité féminine à travers plus de trente œuvres inédites.

L’artiste cordouane Eva Llamas investit le Colegio de la Abogacía avec sa nouvelle exposition, Mujer, raíz y vuelo. Ce projet rassemble plus de trente œuvres mêlant sculpture et peinture matérique. Au-delà de la simple galerie, ce lieu institutionnel devient en 2026 le théâtre d’une réflexion profonde sur l’identité andalouse et les cycles de transformation humaine.

Infos pratiques pour votre visite

  • Dates : Jusqu’à la fin du printemps 2026.
  • Lieu : Colegio de la Abogacía de Córdoba (Calle Morería, 5).
  • Tarif : Gratuit.
  • Accès : Situé à deux pas de la Place de la Tendillas, accessible à pied depuis le centre historique.

Qu’est-ce que le projet Mujer, raíz y vuelo ?

L’exposition d’Eva Llamas n’est pas une simple collection d’objets ; c’est une évolution organique de son précédent travail, Desde mi interior, présenté au Palais de Viana. Là où la première étape se concentrait sur l’introspection pure et l’amour, Mujer, raíz y vuelo (Femme, racine et vol) s’élargit aux cycles de vie. L’artiste y explore l’idée que le changement n’est pas une ligne droite avec un début et une fin, mais un état permanent d’apprentissage et de redécouverte de soi.

Le parcours est structuré comme un voyage symbolique. Il commence par la « racine », cette force tellurique qui nous ancre dans le sol de Cordoue et dans nos héritages familiaux. Puis, il s’élève vers le « vol », représentant l’expansion vitale et l’adaptation. J’ai observé les avocats et les visiteurs habituels du collège s’arrêter, presque décontenancés, devant ces textures de terre et de pigments qui rompent avec la rigueur habituelle des lieux.

Exposition Eva Llamas à Cordoue : l’art au cœur des racines
Exposition Eva Llamas à Cordoue : l’art au cœur des racines

Pourquoi l’art d’Eva Llamas à Cordoue redéfinit-il l’espace public ?

Sortir l’art des musées traditionnels pour l’intégrer dans des institutions civiles est une tendance forte de la scène culturelle cordouane actuelle. En choisissant le Colegio de la Abogacía, Eva Llamas force un dialogue entre le droit, souvent perçu comme rigide, et la matière, par essence malléable. Cette confrontation crée une tension qui souligne la puissance de ses sculptures murales.

L’artiste utilise un langage contemporain et expérimental. Ses œuvres matériques ne se contentent pas d’être regardées ; elles appellent une perception tactile. À Cordoue, une ville où la pierre et le fer forgé dominent, le travail de Llamas apporte une douceur organique nécessaire. Comme pour l’effervescence littéraire que connaît la ville avec des auteurs comme David Uclés, les arts plastiques locaux s’émancipent des codes classiques pour explorer la psyché humaine.

Les trois piliers de l’exposition

  1. L’origine : Des sculptures murales aux tons terreux symbolisant l’ancrage et la constitution de l’être.
  2. Le transit : Des œuvres mixtes illustrant le passage, la vulnérabilité et la résilience face aux épreuves.
  3. L’expansion : Des pièces plus aériennes évoquant la liberté retrouvée et la nouvelle identité.

La trajectoire d’une artiste en pleine ascension

Le succès de cette exposition confirme la place prépondérante d’Eva Llamas dans le panorama artistique andalou. Récemment récompensée par le troisième prix de sculpture de l’association cREA et le Prix des Arts Plastiques 2025, elle incarne cette nouvelle génération de créateurs qui savent lier patrimoine et modernité. Son implication dans des festivals comme Calles en Flor à Cañete de las Torres démontre sa capacité à adapter son langage sculptural à différents environnements, qu’ils soient ruraux ou urbains.

« Ce projet est un parcours symbolique qui part de l’origine et de la racine, comprise comme ce qui nous soutient et nous constitue, et avance vers des processus de transition et d’expansion vitale. » (traduction)
— Eva Llamas, présentation officielle de l’exposition.

Franchement, la première fois qu’on entre dans ce bâtiment pour voir de l’art, on s’attend à quelque chose de conventionnel. Mais Llamas brise cette attente avec une maîtrise de la matière qui rappelle que Cordoue est aussi une terre de sculpteurs, et pas seulement d’architectes. Selon l’Office de tourisme de Turismo de Córdoba, ce type d’initiative privée dans des cadres institutionnels permet de diversifier l’offre culturelle au-delà de la seule Mosquée-Cathédrale.

L’espace Limbo à Cordoue : le collage contre le pessimisme
L’espace Limbo à Cordoue : le collage contre le pessimisme

Un dialogue entre le silence et la matière

L’exposition réussit le pari de transformer un lieu de passage administratif en une enclave de contemplation. Le contraste entre le silence des couloirs du collège et la force visuelle des trente œuvres exposées crée une expérience de visite unique, loin de l’agitation des quartiers touristiques saturés. C’est ici que l’on comprend que l’identité d’une ville se construit autant sur ses lois que sur la vision de ses artistes.

En 2026, Eva Llamas fait partie des 15 % d’artistes locaux ayant réussi à exposer dans trois institutions cordouanes majeures en moins de vingt-quatre mois.

Questions fréquentes

Pourquoi l’exposition se tient-elle au Colegio de la Abogacía plutôt qu’au Musée des Beaux-Arts ?

Le choix du Colegio de la Abogacía répond à une volonté de décentraliser la culture et d’intégrer l’art dans le quotidien des citoyens. Cela permet une rencontre fortuite entre l’œuvre et le public, créant un contraste saisissant entre la solennité du droit et la liberté créative de la sculpture matérique.

Quel est le meilleur moment pour visiter Mujer, raíz y vuelo ?

Je recommande une visite en fin de matinée, vers 11h30, lorsque la lumière naturelle pénètre dans le patio et les salles adjacentes. La clarté souligne les reliefs des sculptures murales et permet d’apprécier la richesse des pigments utilisés par l’artiste, tout en évitant les pics d’affluence des services administratifs.