- 📖 Un nouveau regard sur le rôle politique des femmes au XIIIe siècle
- 👑 La bâtardise comme instrument de pouvoir sous Alphonse X le Sage
- 🏛️ Une présentation exclusive au prestigieux Círculo de la Amistad
Andrea D. Morales revient à Cordoue pour présenter La duquesa bastarda. L'historienne y démonte les clichés sur les femmes médiévales et explore la bâtardise sous Alphonse X le Sage. Une plongée fascinante entre intrigues de cour et sororité historique, loin des idées reçues de nos manuels.
Andrea D. Morales présente son nouveau roman à Cordoue, bousculant nos préjugés sur le Moyen Âge. L’historienne et autrice de La duquesa bastarda déconstruit l’image de la femme soumise et invisible. Au Círculo de la Amistad, elle révèle comment les réseaux de sororité et la bâtardise forgeaient le pouvoir au XIIIe siècle, loin des clichés romantiques.
Infos pratiques pour la rencontre
- Date et heure : Jeudi, 19h00
- Lieu : Real Círculo de la Amistad, Calle Alfonso XIII, Cordoue
- Entrée : Libre jusqu’à épuisement des places
- Accès : À 5 minutes à pied de la Place de la Corredera
Pourquoi l’image de la femme médiévale est-elle fausse ?
La vision populaire de la femme médiévale, recluse et passive, est un héritage du XIXe siècle plus que de la réalité historique. Andrea D. Morales, spécialiste de l’histoire de genre, rappelle que les femmes du XIIIe siècle étaient présentes dans tous les strates sociales, des ateliers d’artisans aux couloirs feutrés des palais. Dans ses recherches, elle met en lumière un mécanisme social souvent ignoré : la sororité médiévale.
Concrètement, cela signifie que les femmes ne survivaient pas seules dans un monde d’hommes, mais via des réseaux d’influence horizontaux. Ces alliances, souvent basées sur la parenté ou la domesticité, permettaient d’orienter des décisions politiques majeures sans jamais apparaître sur les parchemins officiels. L’effervescence littéraire de la ville, déjà palpable lors de Cosmopoética 2026 à Cordoue, trouve ici un écho plus intime, axé sur la redécouverte de ces voix étouffées par l’historiographie traditionnelle.

La duquesa bastarda d’Andrea D. Morales : le pouvoir au féminin
Le nouveau roman de l’autrice se concentre sur le règne d’Alphonse X le Sage (1252-1284). Si le monarque est célèbre pour ses avancées culturelles, sa fin de règne fut marquée par des crises successorales brutales. Morales choisit d’observer ce chaos à travers les yeux de Matilde, une étrangère arrivant dans une cour hostile. Ici, la bâtardise n’est pas une tare, mais un statut complexe qui pouvait offrir une liberté paradoxale.
« Aujourd’hui, nous utilisons le terme ‘bâtard’ de manière très péjorative, presque comme une insulte, mais le Moyen Âge regorge de bâtards, hommes et femmes, et beaucoup d’entre eux étaient reconnus. » (traduction) — Andrea D. Morales, historienne et autrice de La duquesa bastarda.
Dans cette Espagne chrétienne du XIIIe siècle, un fils ou une fille illégitime pouvait être intégré à la famille royale et même accéder à des trônes, comme ce fut le cas pour Béatrice, fille bâtarde d’Alphonse X et future reine de Portugal. Cette réalité contraste violemment avec nos préjugés modernes où la bâtardise est synonyme d’exclusion sociale. Pour le visiteur de Cordoue, comprendre cette nuance change la perception des monuments : chaque alcôve du palais n’était pas seulement un lieu de repos, mais un bureau de stratégie.
Voici les trois piliers narratifs que l’autrice développe dans son œuvre :
- Le dépaysement linguistique : Le défi pour une femme étrangère de naviguer dans une cour sans interprète.
- La légitimité politique : Comment les enfants nés hors mariage stabilisaient les alliances dynastiques.
- Les réseaux de protection : L’importance des nourrices et des dames de compagnie dans la transmission du pouvoir secret.
L’effervescence littéraire sous les lustres du Círculo
À 19h00, sous les plafonds dorés et les lustres en cristal du Círculo de la Amistad, l’ambiance n’est pas seulement celle d’une signature de livre. C’est un acte de réappropriation historique. Pour avoir arpenté ces salons depuis plus de huit ans lors de présentations culturelles, j’ai rarement vu une telle attente pour un sujet aussi pointu. Les Cordouans, fiers de leur passé omeyyade, redécouvrent ici leur héritage chrétien sous un angle moins rigide, plus humain.
Selon l’Ayuntamiento de Córdoba, ce type d’événement renforce l’attractivité de la ville au-delà du simple tourisme monumental. On ne vient plus seulement voir des pierres, mais écouter ceux qui les font parler. Andrea D. Morales réussit ce tour de force : transformer une crise successorale du XIIIe siècle en un miroir de nos propres luttes pour la reconnaissance et l’identité.
Alors que les manuels scolaires ignorent encore souvent ces réseaux d’influence, Andrea D. Morales rappelle qu’au XIIIe siècle, une reine de Portugal pouvait être née hors mariage sans que cela n’entache son autorité politique.

Questions fréquentes
Pourquoi la bâtardise était-elle mieux acceptée au Moyen Âge qu’au XIXe siècle ?
Au Moyen Âge, la lignée de sang primait souvent sur la forme juridique du mariage. Dans les cours royales comme celle d’Alphonse X, un enfant illégitime reconnu permettait d’étendre l’influence de la couronne par des mariages stratégiques. Ce n’est qu’avec la codification plus rigide de la morale bourgeoise aux siècles suivants que le terme est devenu une marque d’infamie sociale absolue.
Quelle est la différence entre le roman historique et la vérité archéologique ?
Le roman historique comble les vides laissés par les documents. Là où l’archéologie nous donne des dates et des objets, la fiction d’Andrea D. Morales explore le ressenti et les émotions des acteurs de l’époque. Elle s’appuie sur des faits réels (la crise de succession d’Alphonse X) pour imaginer les dialogues et les stratégies de sororité que les archives officielles, majoritairement écrites par des hommes, n’ont pas consignées.
