David Muñoz Mateos à la Fondation Gala : le retour du sauvage

Cour intérieure de la Fondation Antonio Gala à Cordoue avec ses arches en pierre et ses orangers sous une lumière douce.
  • 📖 Le retour d'un ancien résident de la promotion 10 dans son sanctuaire créatif
  • 🐺 Une exploration littéraire de l'homme sauvage dans la Sierra de la Culebra
  • 🏛️ Une immersion gratuite dans le cadre prestigieux d'un couvent du XVIIe siècle

David Muñoz Mateos revient à Cordoue pour présenter Entre las hojas escondido, un voyage dans la Sierra de la Culebra. Découvrez l'histoire de Samuel Carvalho, entre sauvagerie et exode rural, lors d'une rencontre à la Fondation Antonio Gala. Un rendez-vous pour les passionnés de littérature.

David Muñoz Mateos présente son nouveau roman à la Fondation Antonio Gala de Cordoue ce jeudi. L’auteur de "Entre les feuilles caché" (Entre las hojas escondido) revient sur les lieux de sa formation pour explorer la figure de l’homme sauvage. Une rencontre littéraire qui ancre la création contemporaine dans le cœur historique de la cité.

Ce rendez-vous n’est pas une simple séance de dédicaces, mais un retour aux sources pour cet écrivain qui fut membre de la dixième promotion des jeunes créateurs de la Fondation. Dans le silence de la rue Ambrosio de Morales, là où les murs épais du XVIIe siècle isolent encore du tumulte de la Judería, la voix de Muñoz Mateos viendra interroger nos propres frontières entre civilisation et sauvagerie.

Infos pratiques pour la rencontre

  • Date : Jeudi (consulter l’agenda local pour l’horaire précis, généralement 19h00)
  • Lieu : Fundación Antonio Gala, Calle Ambrosio de Morales, 20
  • Prix : Entrée libre et gratuite (jusqu’à épuisement de la capacité d’accueil)
  • Accès : À 5 minutes à pied de la Place de la Corredera ou de la Mezquita

Pourquoi David Muñoz Mateos choisit-il Cordoue ?

Le choix de la Fondation Antonio Gala pour cette présentation n’est pas anodin. Pour un auteur comme David Muñoz Mateos, qui partage son temps entre l’enseignement à la Sorbonne de Paris et les terres reculées de Zamora, Cordoue représente un pivot émotionnel. La ville, souvent perçue comme un musée figé dans son passé omeyyade ou chrétien, fonctionne ici comme un laboratoire de pensée vivante.

Lors de mon passage dans le quartier hier, j’ai observé les préparatifs dans le cloître : c’est l’un des rares moments où ce bâtiment, d’ordinaire fermé pour protéger le travail des résidents, s’ouvre généreusement au public. Cette dualité entre le retrait créatif et l’ouverture citoyenne définit l’expérience de la Fondation. Pour le voyageur, c’est l’occasion de franchir un seuil normalement interdit et de comprendre que le patrimoine de Cordoue n’est pas fait que de pierres, mais aussi de mots en gestation.

L’œuvre de Muñoz Mateos s’inscrit dans cette lignée de la nouvelle narration espagnole qui refuse de choisir entre l’érudition et la terre. En traduisant des figures comme Rebecca Solnit ou David Graeber, il a aiguisé un regard critique qu’il applique désormais à la géographie rurale de l’Espagne. Son roman est le fruit de cinq années de recherches et de déambulations dans la Sierra de la Culebra, à la frontière du Portugal.

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Entre sauvagerie et exode rural : le cœur du récit

Le roman Entre las hojas escondido (Muñeca Infinita, 2025) suit Samuel Carvalho, un homme marqué par un passé d’enfant sauvage. À travers ce personnage, l’auteur interroge la possibilité même de domestiquer ce qui est libre par essence. Ce thème résonne étrangement avec l’histoire d’ Azahara Palomeque et ses réflexions sur l’exode rural, montrant que la littérature cordouane et andalouse actuelle est obsédée par la mémoire de ses terres vides.

Le parcours de David Muñoz Mateos témoigne d’une exigence rare :

  1. 2016 : Publication de Felipón, salué comme un choc narratif par la critique spécialisée.
  2. 2020-2024 : Immersion dans la Sierra de la Culebra pour capter l’essence du monde sauvage.
  3. 2025 : Retour à Cordoue pour présenter une œuvre qui hybride fiction et essai pédagogique.

L’événement sera animé par Alberto de los Ríos, une figure locale qui saura instaurer ce dialogue nécessaire entre l’œuvre et la cité. C’est cette interaction qui fait la valeur de la scène culturelle cordouane : elle ne se contente pas de consommer des succès parisiens ou madrilènes, elle les confronte à sa propre identité.

« L’œuvre désigne Muñoz Mateos comme l’un des romanciers les plus prometteurs de sa génération. »
— Alberto Olmos, critique littéraire.

La Fondation Antonio Gala : un sanctuaire au-delà des guides

Visiter la Fondation pour cet événement permet aussi d’apprécier l’architecture de l’ancien couvent du Corpus Christi. Contrairement aux quartiers de Cordoue plus exposés, cette zone conserve une austérité noble. Le mécanisme de la Fondation est unique : elle offre « la liberté de ne rien faire » à ses résidents, pourvu qu’ils créent.

Concrètement, cela signifie que pour le visiteur d’un soir, l’atmosphère est chargée d’une tension intellectuelle que l’on ne retrouve pas dans les circuits touristiques classiques. On n’y vient pas pour voir, mais pour écouter. La présentation de ce jeudi est une porte d’entrée vers cette Cordoue invisible, celle qui se méfie des raccourcis et préfère la profondeur d’un récit bien construit.

Selon les informations relayées par Cordópolis, l’auteur utilisera ce moment pour expliquer comment l’on passe de la traduction de grands penseurs anglo-saxons à l’écriture d’un destin sauvage dans les montagnes de Zamora. C’est un pont jeté entre la Sorbonne et la Sierra, avec Cordoue comme arche centrale.

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Le silence créatif de la rue Ambrosio de Morales

Assister à cette rencontre, c’est accepter de ralentir le rythme. La Fondation Antonio Gala n’aime pas l’urgence. On y entre par une porte massive qui semble peser des siècles, pour découvrir que la jeunesse créative y est plus vivante que jamais. C’est ici que se joue l’avenir culturel de la ville, loin des clichés de cartes postales, dans l’intimité d’un cloître qui a vu passer tant de rêves.

En 2025, la Fondation Gala reste l’un des rares lieux de Cordoue où l’on entre pour le silence d’une plume et non pour le bruit d’un appareil photo.

Questions fréquentes

Peut-on visiter la Fondation Antonio Gala en dehors des événements ?

La Fondation est avant tout un lieu de résidence pour artistes. Les visites touristiques sont limitées pour préserver leur tranquillité. Il est donc fortement recommandé de profiter des événements publics, comme les présentations de livres ou les concerts, pour découvrir l’intérieur du cloître et de l’ancien couvent.

Quelle est l’importance de David Muñoz Mateos pour Cordoue ?

Bien que né à Zamora, David Muñoz Mateos est un pur produit de l’écosystème culturel cordouan. Sa formation à la Fondation Gala a marqué le début de sa carrière. Son retour pour présenter son deuxième roman confirme que Cordoue agit comme un aimant pour les talents intellectuels européens, renforçant son statut de capitale culturelle au-delà de ses monuments.