- 🎬 Trois jours de projections inédites à la Filmoteca de Andalucía
- 🌍 Des rencontres exclusives avec des réalisateurs comme Abd Al Malik
- 🎟️ Une programmation variée allant de l'animation au drame historique
Le Festival de Cinéma Africain revient à la Filmoteca de Andalucía pour une deuxième édition intense. Entre projections pour scolaires et avant-premières internationales comme Furcy, né libre, Cordoue devient le pont entre l’Andalousie et les récits du continent noir. Voici le programme complet.
Le Festival de Cinéma Africain (FCAT) s’installe à nouveau dans la cité des califes du 2 au 4 juin 2026. Cette extension cordobaise, organisée à la Filmoteca de Andalucía, propose une immersion rare dans les récits contemporains du continent africain, entre films d’animation engagés et drames historiques primés à Cannes.
Infos pratiques pour votre visite
- Dates : 2, 3 et 4 juin 2026.
- Lieu : Filmoteca de Andalucía (Calle Medina y Corella, 5).
- Accès : Située au cœur de la Judería, à deux pas de la Mezquita.
- Tarifs : Habituellement 0,90 € par séance (entrée libre pour les scolaires sur réservation).
Pourquoi le Festival de Cinéma Africain choisit-il Cordoue ?
Cordoue n’est pas une simple étape technique pour le Festival de Cinéma Africain (FCAT). C’est un choix symbolique fort. Alors que le cœur du festival bat entre Tarifa et Tanger, l’extension cordobaise agit comme une caisse de résonance dans une ville qui a construit son identité sur le dialogue entre les rives de la Méditerranée. En 2026, cette 23e édition délocalisée permet de toucher un public qui, d’ordinaire, consomme un cinéma très européen ou hollywoodien.
À 9h30, avant que les touristes n’envahissent les ruelles adjacentes, la Filmoteca s’ouvre d’abord aux plus jeunes. Le mécanisme est intelligent : former le regard des adolescents (dès 14 ans) pour déconstruire les clichés sur l’Afrique avant qu’ils ne deviennent des adultes. Cette année, le film d’animation Allah n’est pas obligé de Zaven Najjar confronte les élèves à la dure réalité des enfants soldats, un sujet traité avec une pudeur et une force visuelle remarquables.
Franchement, voir ces classes de lycéens sortir de la salle avec autant de questions montre que le cinéma remplit ici une fonction sociale bien plus profonde qu’un simple divertissement. C’est cette même quête de sens que l’on retrouve dans les mouvements culturels locaux, comme lorsque Danzabril explore la philosophie d’Averroès par le corps.

Un programme entre animation et drames sociaux
La programmation de cette édition 2026 se distingue par sa diversité de genres. Le festival ne se contente pas de montrer la misère ou la guerre ; il explore l’intime, l’ironie et la mémoire coloniale.
Voici les trois temps forts des soirées grand public :
- Mardi 2 juin : My Father’s Shadow d’Akinola Davis. Un film puissant sur l’héritage émotionnel d’une famille à Lagos, déjà remarqué à Cannes.
- Mercredi 3 juin : One Woman One Bra de Vincho Nchogu. Une fiction kényane qui utilise l’ironie pour questionner la liberté du corps féminin.
- Jeudi 4 juin : Furcy, né libre d’Abd Al Malik. Un drame historique basé sur une affaire judiciaire réelle de 1817 sur l’île de la Réunion.
Comment le FCAT transforme-t-il l’expérience de la Filmoteca ?
Le point culminant de cette extension est sans doute la présence physique des créateurs. Le jeudi soir, le réalisateur et écrivain Abd Al Malik viendra présenter son dernier opus. Cette proximité change tout. On ne regarde plus un écran, on écoute un homme expliquer comment il a exhumé trente ans de combat judiciaire pour la liberté d’un homme asservi.
« Le cinéma est la fenêtre par laquelle nous apprenons à regarder l’autre sans peur, surtout quand cet autre est notre voisin le plus proche. » (traduction) — Mane Cisneros, directrice du Festival de Cinéma Africain.
L’analyse que l’on peut en faire est celle d’un contraste saisissant. À l’extérieur, la Judería est une « carte postale » figée dans le blanc de ses murs. À l’intérieur de la Filmoteca, le spectateur est projeté dans les rues de Nairobi ou de Lagos. C’est ce décalage qui fait la valeur du FCAT à Cordoue : il rappelle que la ville est un carrefour vivant, et non un simple musée à ciel ouvert.
Selon la Délégation de Coopération de l’Ayuntamiento de Córdoba, l’implication de la ville permet de maintenir des tarifs dérisoires (moins d’un euro), rendant la culture africaine accessible à tous les budgets, loin des prix prohibitifs des grands complexes cinématographiques.

L’Afrique vue depuis la cité des trois cultures
L’expérience du festival à Cordoue est intimiste. On y croise des étudiants, des expatriés et des locaux curieux qui se retrouvent après la séance pour débattre sur la place de la Filmoteca. J’ai remarqué que le public cordouan est particulièrement réceptif aux thématiques de l’identité, sans doute parce que la ville elle-même est un palimpseste de cultures superposées.
En 2026, Cordoue est l’une des cinq villes espagnoles choisies pour porter cette voix, prouvant que son héritage d’Al-Andalus reste un terreau fertile pour les dialogues transméditerranéens.
Questions fréquentes
Dans quelle langue les films sont-ils projetés ?
Les films sont projetés en version originale sous-titrée en espagnol (VOSE). C’est une règle d’or du festival pour préserver l’authenticité des performances et la musicalité des langues locales (Swahili, Yoruba ou Français selon les œuvres).
Faut-il réserver ses places à l’avance ?
Pour les sessions scolaires du matin, la réservation est obligatoire via l’adresse dédiée de l’organisation. Pour les séances du soir, il est conseillé d’arriver 20 minutes avant le début, car la Filmoteca de Andalucía dispose d’une capacité limitée et le succès de l’extension ne cesse de croître.
