- 📖 Des centaines de livres distribués gratuitement par les institutions locales
- 📞 Des cabines téléphoniques détournées pour écouter des poèmes de Lorca
- 🏛️ Un cadre historique exceptionnel sur le parvis du Palacio de la Merced
La fête du livre à Cordoue revient ce 22 avril sur le parvis du Palacio de la Merced. Entre distribution gratuite d'ouvrages et cabines téléphoniques littéraires, la ville transforme la lecture en une expérience sensorielle partagée. Découvrez ce rendez-vous insolite.
La fête du livre à Cordoue s’installe chaque 22 avril devant les grilles baroques du Palacio de la Merced. Pour l’édition 2026, l’événement « Quiero ser libro » transforme ce siège institutionnel en une bibliothèque à ciel ouvert. Entre gratuité et curiosités sonores, c’est un moment de partage rare qui bouscule les codes de la lecture traditionnelle.
Infos pratiques : Votre matinée littéraire
- Date : 22 avril 2026
- Lieu : Palacio de la Merced (Plaza de Colón)
- Horaires : 10h00 – 13h30
- Tarif : Gratuit
- Accès : Libre, au centre de la ville
Vivre la fête du livre à Cordoue au Palacio de la Merced
Franchement, la première fois qu’on arrive devant le Palacio de la Merced, on est d’abord frappé par la solennité du lieu. Ce bâtiment, ancien couvent devenu siège de la Diputación de Córdoba, impose son style baroque sur la Plaza de Colón. Pourtant, le 22 avril, les barrières tombent. Ce que les guides oublient de préciser, c’est que cet événement n’est pas une simple foire commerciale : c’est une opération de séduction massive menée par les institutions pour réinjecter de la culture dans le quotidien des Cordouans.
Contrairement aux grandes foires du livre nationales qui s’étalent sur des semaines, « Quiero ser libro » est un rendez-vous éclair. En seulement trois heures et demie, des centaines d’ouvrages sont offerts aux passants. On y trouve des publications sur l’histoire locale, des recueils de poésie ou des guides sur le patrimoine naturel de la province. C’est cette fugacité qui crée l’effervescence. Je l’ai vu se remplir dès l’aube : les habitués arrivent tôt pour dénicher les plus beaux volumes avant que les stocks ne s’épuisent.

Pourquoi la fête du livre à Cordoue est-elle unique ?
L’innovation majeure de ces dernières années réside dans les « Cabinas Literarias ». Imaginez trois cabines téléphoniques de style anglais, rouges et iconiques, installées sur le parvis. En décrochant le combiné, vous n’appelez personne : vous écoutez. C’est une expérience immersive qui coupe le bruit de la circulation pour vous plonger dans les vers de Lorca ou de Shakespeare.
« C’est un événement dynamique et participatif, dans lequel différentes délégations de la Diputación se sont unies pour un travail transversal, multidisciplinaire et collaboratif. »
— Gabriel Duque, délégué à la Culture de la Diputación de Córdoba (traduction)
Cette approche sensorielle change radicalement la façon de consommer la littérature. On ne lit plus seulement avec les yeux, on écoute la voix des poètes dans l’intimité d’une cabine, créant un contraste saisissant avec l’agitation de la place. C’est un excellent complément à l’agenda culturelle de Cordoue, souvent riche en spectacles vivants mais parfois plus discret sur la promotion de l’écrit.
Le programme des cabines sonores
Trois univers distincts sont proposés aux auditeurs d’un jour :
- Les classiques espagnols : Des extraits du Quichotte et des poèmes de Federico García Lorca ou Antonio Machado.
- La voix des femmes : Des vers de Gloria Fuertes ou d’Emily Dickinson pour une perspective plus intime.
- L’héritage linguistique : Une plongée dans le dictionnaire de María Moliner, figure centrale de la langue espagnole.
L’héritage d’Antonio Gala et la scène locale
La fête du livre à Cordoue ne se limite pas au Palacio de la Merced. Elle résonne avec tout l’écosystème littéraire de la ville. À quelques rues de là, la Fundación Antonio Gala continue de former les jeunes auteurs de demain. Pour le visiteur, c’est l’occasion de comprendre que Cordoue n’est pas qu’une ville de pierres romaines et arabes, mais une cité qui respire encore à travers les mots de ses contemporains.
Le contraste est flagrant entre la haute saison touristique, où la ville est saturée, et ce type d’événement très ancré dans le rythme local. Si vous visitez la ville fin avril, vous verrez une Cordoue différente : moins tournée vers la consommation de monuments et plus vers l’échange de savoirs. Les institutions comme l’office de Turismo de Córdoba encouragent d’ailleurs de plus en plus ces initiatives qui valorisent le patrimoine immatériel.

L’éphémère rendez-vous de la Plaza de Colón
Cette célébration du 22 avril agit comme un prélude aux grandes fêtes de mai. Elle rappelle que la culture à Cordoue est une affaire de proximité, où l’on peut repartir avec un livre sous le bras simplement en traversant une place. C’est une porte d’entrée gratuite et accessible pour tous ceux qui souhaitent approfondir leur connaissance de l’Andalousie au-delà des clichés.
En trois heures, plus de livres sont distribués ici que lors d’une semaine normale en librairie, transformant un parvis politique en agora littéraire.
Questions fréquentes
Faut-il parler espagnol pour profiter de l’événement ?
Pour la distribution de livres, la majorité des ouvrages sont en espagnol, mais certains livres d’art ou de photographie sont universels. Les cabines littéraires proposent également des vers de Shakespeare en anglais, ce qui permet aux voyageurs internationaux de vivre l’expérience sonore.
Comment éviter la foule au Palacio de la Merced ?
L’événement est court (10h00 – 13h30). Pour avoir le choix dans les livres offerts et ne pas attendre pour les cabines téléphoniques, arrivez dès l’ouverture à 10h00. Le flux de passants s’intensifie nettement vers midi, à l’heure de la sortie des bureaux et des écoles.
