- 🌅 Une foire qui se vit comme une balade de quartier, pas comme un salon
- 🚶 Des artistes cordouans qui donnent le tempo et déplacent le regard
- 🍷 Une idée simple pour profiter sans fatigue et sans courir après tout
Feria de Arte Lateral, c’est une foire-réseau: on y traverse ateliers, galeries et performances, portée par des artistes de Cordoue. Voici les dates de février, les lieux essentiels et la bonne méthode pour la vivre sans courir.
Vous entendez parler de la Feria de Arte Lateral et vous imaginez déjà un salon d’art classique, avec ses stands alignés et ses codes un peu intimidants.
En réalité, cette foire est un réseau de lieux indépendants à Grenade, pensé pour dépasser les murs et attirer au-delà des initiés — et c’est là que Cordoue surprend vraiment…
L’événement s’appuie sur plus de cinquante espaces créatifs répartis dans la ville et la province, et vise à faire mieux que les 25 000 visiteurs de l’édition précédente. Dans l’agenda, un temps fort musical et scénique se glisse aussi du 12 au 14 février, au Centre Federico García Lorca (21 h–23 h).
Pourquoi cette foire change la lecture de Grenade ?
Grenade a l’habitude des grands récits — l’Alhambra, Lorca, les miradors. Lateral, elle, raconte l’envers : les ateliers où l’on fabrique, les galeries jeunes, les lieux qui s’obstinent à exister malgré les loyers et la saisonnalité.
Une foire-réseau, pas un hall d’expo
Le cliché, ce serait de “tout voir”. La réalité, c’est plutôt d’accepter de ne suivre qu’un fil. Lateral fonctionne comme une cartographie affective : vous entrez dans un espace, on vous parle d’un autre, puis d’un troisième. Les conversations font office de signalétique.
Et ce détail change l’expérience : au lieu de consommer des œuvres, vous observez une ville qui se fabrique en direct. Ça t’est sûrement déjà arrivé de visiter une destination en mode check-list; ici, la ville vous demande l’inverse.
Je sais ce que ça fait d’arriver ici pour la première fois, de ne pas savoir par où commencer. Gardez une règle simple : choisissez un seul point de départ, et laissez le reste se décider sur place.

Dans la Feria de Arte Lateral, l’accent cordouan
Ce qui donne une couleur particulière à cette édition, c’est la présence cordouane à plusieurs étages — pas seulement des artistes, mais aussi des passeurs.
Le directeur, Miguel Ángel Moreno Carretero (Cordoue), vient d’un projet devenu repère pour les jeunes créateurs : Espacio Lavadero. Cette année, son stand accueille notamment Fran Zea, résident de la Fundación Antonio Gala — un nom qui compte, parce qu’il relie la création d’aujourd’hui à une idée très andalouse de l’apprentissage : travailler près des autres, apprendre en regardant.
Dans un autre registre, la céramique contemporaine s’invite avec Tonny Potter, porté par Antonio Aguilera (originaire de Bujalance, installé à Grenade). La terre, ici, n’est pas un souvenir folklorique : c’est un langage contemporain, précis, parfois ironique, souvent tactile.
Au programme “Cápsulas”, des projets comme la Fundación Antonio Gala ou Objeto Dardo prennent la parole, et une performance de Verónica Ruth Frías est annoncée le samedi 14 à 19 h. Lateral assume ce mélange : exposition, discours, geste vivant. C’est une foire qui respire.
« La poésie ne veut pas d’adeptes, elle veut des amoureux. »
Trois escales pour sentir le pouls
- La grande sede : commencez par la École technique supérieure d’architecture pour prendre la mesure, repérer les noms et les énergies.
- Le format “Cápsulas” : écoutez une présentation quotidienne, même si vous ne connaissez personne; c’est là que la scène se raconte.
- La marche vers le Realejo : suivez la route artistique dans les commerces du quartier, là où l’art redevient une affaire de voisinage.
Ce dernier point est plus politique qu’il n’y paraît. L’extension vers le Realejo, impulsée avec l’association de voisins Realejo Habitable, dit quelque chose de très concret : une foire peut aussi servir à recoudre un quartier, pas seulement à le décorer.
Quand l’art devient une manière d’habiter la ville
Grenade prépare sa candidature à Capitale européenne de la culture 2031, et Lateral arrive au bon moment : elle propose une culture moins monumentale, plus relationnelle. Le soutien d’institutions (université, municipalité, partenaires) n’efface pas l’ADN du projet : les espaces indépendants gardent la main sur le récit.
On le sent aussi dans le pont créé avec Oh, Salvaje (co-dirigé par la Cordouane Silvia M. Ferri) et le mini-festival Oh, Lateral : Lorca y croise le flamenco dans une lecture contemporaine, comme si la tradition cessait d’être un musée pour redevenir un matériau. Si ces frottements vous attirent, vous aimerez aussi ces aller-retours du flamenco entre continents qui racontent la même idée : une culture vivante ne reste jamais sagement à sa place.
Ce que je conseille, franchement : venez avec une curiosité précise (céramique, performance, jeune galerie), et un créneau vide. Ce créneau, c’est votre luxe — celui qui permet la rencontre, le détour, la discussion.
Et si vous cherchez le “pourquoi” derrière l’esthétique, regardez comment la foire s’ancre dans des lieux du quotidien, comment elle fabrique une mémoire locale en temps réel. Cette sensation, je la retrouve souvent en Andalousie, jusque dans des récits filmés où la sierra devient un coffre à souvenirs.
À Grenade, si vous ne suivez pas ces lieux minuscules, vous ratez la ville qui s’invente.

Questions fréquentes
Est-ce que c’est adapté si je viens avec des enfants ?
Oui, surtout pour les espaces où l’on circule librement et où les formats sont courts. Visez une visite d’1 h 30 à l’École d’architecture, puis gardez l’option Realejo pour une marche plus souple. Évitez les performances tardives si votre rythme familial est matinal.
Je n’ai que deux heures à Grenade, je fais quoi en priorité ?
Allez droit au “cœur” pour capter l’ambiance et récupérer des pistes. Passez par la sede principale à l’École technique supérieure d’architecture, puis choisissez une seule capsule ou une seule galerie recommandée sur place. Deux heures, c’est parfait si vous acceptez de ne pas tout couvrir.
Faut-il parler espagnol pour profiter de la foire ?
Pas forcément. Les œuvres et les espaces se lisent très bien sans explications longues, et beaucoup de gens comprennent un peu de français ou d’anglais, surtout dans les lieux jeunes. Si vous assistez à une présentation au Centre Federico García Lorca, arrivez en avance pour saisir le contexte en discutant avant.
