- 🎨 Une plongée dans l'histoire de la revue la plus transgressive de Cordoue
- 📖 Des archives inédites de collaborateurs célèbres comme Miquel Barceló
- 🕰️ Une exposition gratuite à La Inaudita jusqu'au 11 avril 2026
Boronía à Cordoue a marqué l'histoire de la presse indépendante espagnole. Cette revue iconoclaste, mélangeant art et réflexion, s'expose aujourd'hui à La Inaudita. Découvrez les archives d'un projet qualifié de suicidaire qui a pourtant réuni les plus grands créateurs contemporains du pays.
La revue Boronía à Cordoue est bien plus qu’un simple souvenir de papier jauni. Ce projet éditorial, né en 1988, incarne l’esprit de résistance culturelle espagnole.
À travers l’exposition « Boronía inaudita », la ville redécouvre un héritage intellectuel unique, mêlant audace graphique et liberté de ton. C’est ici que l’Andalousie savante rejoint l’underground madrilène.
Infos pratiques pour votre visite
- Dates : Du 12 mars au 11 avril 2026
- Lieu : Galerie La Inaudita, Cordoue
- Tarif : Entrée gratuite
- Horaires d’inauguration : Jeudi 12 mars à 20h00
- Accès : À quelques minutes à pied de la Mezquita, dans le réseau des galeries indépendantes.
L’esprit de la Boronía : un ragoût culturel andalou
Le nom n’est pas le fruit du hasard. La boronía est un plat traditionnel d’origine arabe, un pisto délicat où se mêlent des ingrédients humbles pour créer une saveur complexe. Gabriel Núñez Hervás et Pablo Gallego, les fondateurs, ont appliqué cette recette à l’édition. Ils voulaient mélanger les genres : poésie, photographie, critique sociale et graphisme de pointe.
Née à Madrid sous l’impulsion de deux étudiants cordouans, la revue a toujours gardé un pied dans sa terre natale. Elle s’inspirait des courants de la Movida, mais avec cette profondeur intellectuelle que l’on retrouve souvent dans l’Année Averroès à Cordoue, où la raison et l’art dialoguent sans cesse. La revue était distribuée gratuitement, fuyant les kiosques traditionnels pour privilégier le bouche-à-oreille et l’envoi postal.

Pourquoi visiter l’exposition Boronía inaudita ?
L’exposition ne se contente pas d’aligner des vitrines. Elle propose une véritable radiographie de la création espagnole de ces trente dernières années. On y découvre comment une publication sans périodicité fixe a réussi à attirer des noms monumentaux.
« C’était un projet suicidaire au niveau commercial, mais terriblement nutritif sur le plan personnel. » — Gabriel Núñez Hervás, directeur de la revue Boronía.
Le parcours de l’exposition met en lumière deux étapes clés :
- L’ère analogique (1988-1990) : L’innocence des débuts, marquée par l’influence de revues comme Ajoblanco ou La Luna de Madrid.
- La renaissance (années 2000) : Un retour spectaculaire avec plus de 300 collaborateurs bénévoles, dont Miquel Barceló et Alberto García-Alix.
- La transition numérique : Le passage aux bits sur internet pour survivre au changement d’époque.
Concrètement, pour le visiteur, cela signifie accéder à des maquettes originales, des correspondances inédites et des œuvres créées spécifiquement pour la revue par des artistes qui, aujourd’hui, remplissent les musées nationaux.
Un modèle économique « suicidaire » pour une liberté totale
Ce qui frappe dans l’histoire de Boronía, c’est son refus des règles du marché. En choisissant de ne pas être vendue, la revue s’est offert un luxe rare : l’absence de censure commerciale. Cela permettait des mises en page expérimentales et des articles de fond qui ne cherchaient pas le clic ou l’audience facile.
Cette approche rappelle la vitalité des rencontres à la Bibliothèque Grupo Cántico, où la culture se vit pour elle-même, loin des pressions touristiques habituelles. À La Inaudita, vous ne verrez pas la Cordoue des cartes postales, mais celle qui réfléchit, qui crée et qui se remet en question.
L’exposition présente des pièces de collection où le papier de haute qualité servait d’écrin à des plumes comme celle de Christina Rosenvinge ou de Santiago Auserón. C’est un témoignage de ce que l’on appelle l’indépendance réelle : celle qui coûte de l’argent à ses créateurs mais qui enrichit toute une communauté.

L’écho d’une Cordoue qui ne dort jamais
En franchissant la porte de La Inaudita, on comprend que la ville possède une vie souterraine vibrante, souvent masquée par l’ombre imposante de ses monuments. Cette exposition est une invitation à ralentir, à feuilleter des archives qui ont failli disparaître et à célébrer l’impermanence d’un projet qui, bien que « suicidaire », n’a jamais été aussi vivant qu’aujourd’hui.
Ce que les guides classiques ne vous diront pas, c’est qu’en 2026, l’influence de Boronía se ressent encore dans chaque nouveau projet culturel indépendant de la ville. Le tirage de la revue était limité à quelques milliers d’exemplaires, mais son impact intellectuel a touché des dizaines de milliers de lecteurs à travers l’Espagne.
Questions fréquentes
L’exposition est-elle accessible aux non-hispanophones ?
L’intérêt de Boronía est avant tout visuel et graphique. Même sans maîtriser l’espagnol, la qualité du design, les photographies d’Alberto García-Alix et les illustrations de Miquel Barceló parlent d’elles-mêmes. C’est une expérience sensorielle autant que littéraire.
Quel est le meilleur moment pour visiter La Inaudita ?
Privilégiez les fins d’après-midi, vers 18h30. La lumière dans le quartier est superbe et vous pourrez ensuite prolonger la soirée dans les bars culturels voisins, comme l’Automático, où l’esprit de la revue perdure souvent lors de sessions musicales improvisées.
Cette exposition est-elle temporaire ou permanente ?
C’est une exposition strictement temporaire. Elle ferme ses portes le 11 avril 2026. Contrairement aux musées institutionnels, ce type d’événement indépendant est rare et les archives présentées retournent souvent dans des collections privées après l’événement.
