mardi 28 mai 2024
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Un beau conte de fées et une magnifique déclaration d’amour à la danse

par María Fernanda González

La Sylphide : Un voyage dans le temps avec la Compañía Nacional de Danza

La Compañía Nacional de Danza a présenté hier soir, devant un public hétéroclite, le ballet romantique qui marque traditionnellement le début de la saison théâtrale : La Sylphide. La plus ancienne œuvre complète qui nous est parvenue, elle fut créée en 1832 à Paris par Filippo Taglioni et dansée par sa fille, la célèbre Marie, première ballerine à utiliser les pointes. Bien que le ballet ait par la suite été perdu, le danseur et chorégraphe Auguste Bournonville, présent dans le public lors de la représentation, décida de commander une nouvelle partition et de créer sa propre version. Sa Sylphide fut présentée en 1836 au Royal Danish Theater de Copenhague et c’est sur cette base que la CDN, soucieuse de l’histoire de la danse et du travail d’équipe, a conçu son spectacle sous la direction de Petrusjka Broholm, ancienne danseuse du Royal Ballet de Danemark.

Retour aux origines du ballet de genre

Assister à cette version, présentée pour la première fois en décembre dernier au Teatro de la Zarzuela de Madrid, c’est comme revenir aux origines du ballet de genre en tant qu’art indépendant. Peu après, en 1836, sortit Giselle, qui présente de nombreuses similitudes avec La Sylphide dans sa structure dramatique et musicale, mais il a fallu attendre plus de 40 ans pour arriver à la sophistication parfaite du Lac des Cygnes (1877) et à la brillante partition de Tchaïkovski. Cependant, La Sylphide que nous avons vue hier soir n’est pas une œuvre archéologique. Elle est vivante et d’une perfection telle qu’elle se connecte naturellement à nos émotions et à notre amour de la danse. L’histoire de la sylphide, un esprit joyeux de l’air, amoureuse d’un homme (James) qui va épouser une femme (Effie), et d’une sorcière vengeresse qui provoque une fin tragique, est parfaitement racontée en deux brefs actes. Dans le premier, le plus théâtral, avec la première rencontre des protagonistes et les préparatifs du mariage entre James et Effie dans leur Écosse natale, sont présentées de jolies danses basées sur le folklore écossais. Ces danses simples en groupe, cachent une grande difficulté dans les tressages des pieds et la coordination des différents groupes, que l’ensemble de la CDN résout avec délice, guidé par une partition musicale efficace interprétée brillamment par la ROSS, et orné de costumes appropriés et joyeux.

Un éblouissant spectacle de danse

Dans le second acte, avec un décor de conte de fées, la fuite de James après la sylphide nous plonge dans le monde des esprits ailés de la forêt et dans les mauvais tours de la sorcière (une Irene Ureña expressive), qui provoque la perte des ailes de l’héroïne et sa mort inévitable. Pas de sophistication, pas de variations répétées qui arriveront par la suite. Une danse pure, mais du virtuozisme, bien sûr. Quel plaisir de voir le formidable Yanier Gómez Noda affronter les tours risqués qui, parfois, ont failli lui faire perdre l’équilibre, et d’admirer une Yaman Kelemet aérienne, délicate et joyeuse, bondissant encore et encore sans se laisser attraper par l’homme, battant ses mains comme si elles étaient des ailes. Magnifiques ses bras et fantastiques ses arabesques et ses attitudes. Quel plaisir également de voir leur rencontre finale, sans se toucher, alors que nous voyons généralement les hommes comme de simples porteurs qui doivent attendre les dernières variations pour se mettre en valeur. Ce choix de l’École danoise nous a offert une occasion privilégiée de découvrir un style différent de celui auquel nous sommes habitués, provenant des écoles russes, parisiennes ou cubaines. Tout comme Carlo Blassis en Italie, Bournonville a tenté de perfectionner sa danse, et donc de perfectionner celle de tous les personnages masculins de ses œuvres. Avec une cinquantaine de chorégraphies à son actif, le Danois a posé les bases d’un style naturel qui s’éloigne des excès et de la pantomime exagérée du romantisme, créant un ensemble de règles et d’exercices parfaitement structurés qui ont été fidèlement transmis jusqu’à nos jours, grâce aux nombreux écrits conservés et surtout, comme le raconte Elna Matamoros dans son livre Augusto Bournonville. Histoire et style, grâce à ses élèves et aux élèves de ses élèves, aussi rigoureux que Leif et Elna Ørnberg, qui ont vécu et enseigné ses exercices en Espagne après la guerre pendant plus de 30 ans, dans un petit espace prêté par la Section féminine des chœurs et de la danse. Aujourd’hui et demain, vous aurez une autre opportunité de profiter de ce beau et ancien ballet, ainsi que d’autres compositions de la Compañía Nacional de Danza.

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