jeudi 18 juillet 2024
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‘Retrouvailles dans une autre vie : La rencontre de Vaquilla lors des attentats du 11 mars’

par María Fernanda González

L’empreinte du 11 Mars : Nos vies d’avant et d’après

Le 11 mars 2004, l’Espagne est frappée par le pire attentat terroriste de son histoire. Vingt ans après ce jour tragique, Disney a décidé de rendre hommage aux victimes à travers sa nouvelle série : ‘Nos vemos en otra vida’. Une série inspirée des événements du 11 mars et réalisée par les frères Jorge et Alberto Sánchez Cabezudo, déjà responsables de la célèbre série ‘Crematorio’. Une minisérie de six épisodes qui se concentre sur la vie de Gabriel Montoya Vidal, surnommé ‘El Baby’, le premier condamné pour la tuerie terroriste.

Le scénario s’inspire à la fois de la sentence prononcée par la Haute Cour de Justice espagnole et de l’interview réalisée par le journaliste Manuel Jabois avec le véritable Montoya après sa libération. Rodrigo Gutiérrez incarne le jeune ‘El Baby’ tandis que Quim Ávila joue le rôle de Montoya à l’âge adulte, essayant de reconstruire sa vie après sa libération.

Cependant, il est important de noter que ‘Nos vemos en otra vida’ est l’une des rares incursions de la fiction espagnole dans les attentats du 11 mars. Malgré les vingt années écoulées, les blessures de la société espagnole restent encore à vif. Peut-être que cette série sera le début pour d’autres titres traitant de cet événement marquant de l’histoire récente de l’Espagne.

Avertissement aux spectateurs : certains événements clés de la série peuvent être considérés comme des spoilers. Si vous êtes à la recherche d’une série similaire à ‘Homeland’ ou à ‘La Unidad’, vous risquez d’être déçu. ‘Nos vemos en otra vida’ évite les scènes sensationalistes et témoigne d’un grand respect envers les victimes : 192 morts et plus de 2 000 blessés. Le casting ne compte pas de grandes célébrités, mettant en lumière des acteurs relativement méconnus.

Le ton et le style de la série rappellent le célèbre cinéma quinqui des années 80, qui mettait en scène des figures de la délinquance de l’époque, comme ‘El Vaquilla’ ou ‘El Torete’. La plongée dans le monde de la "trama asturiana", où des criminels ont aidé les terroristes à obtenir les explosifs, vous transportera dans les bas-fonds de la société.

A travers des sauts dans le temps, le spectateur reconstitue peu à peu la vie des personnages et comprend leur implication dans cette tragédie : comment ils en sont arrivés là, leur réaction en apprenant la nouvelle, leur arrestation et le procès. Les protagonistes passent leur temps entre fêtes arrosées de whisky et de drogue, parties de ‘Grand Theft Auto’ et courses de voitures sur fond de musique "bacalao". Ils agissent tous avec mépris envers les autres, ne cherchant qu’à satisfaire leurs désirs les plus primaires. A aucun moment ces jeunes hommes ne semblent conscients de la gravité de leurs actes. Ils étaient bien conscients que la dynamite qu’ils vendaient ne servirait pas à quelque chose de bon, mais cela n’était pas leur problème. D’ailleurs, les doutes sur la véritable implication des terroristes se reflètent également chez les criminels. Si c’était l’ETA, ils ne seraient pas directement impliqués. S’ils savaient qu’il s’agissait de terroristes islamistes, ils savaient qu’ils auraient des problèmes. Mais pas parce qu’ils regrettent le nombre élevé de victimes, simplement parce qu’ils savent que tôt ou tard, la police remontera jusqu’à eux. Et l’ampleur de la catastrophe est suffisamment importante pour ne pas être oubliée.

"L’acte en lui-même, je le regrette. Mais ce que j’ai fait, pas du tout. Des gens sont morts, mais j’avais besoin d’argent. Que pouvais-je faire ?", déclare ‘El Baby’ au journaliste lors d’une interview. C’est la grande question que nous ne posons jamais. Y avait-il des remords ? Agissant sur ordre d’un père toxicomane et violent, à seulement 16 ans, la vie de ‘Baby’ bascule lorsqu’il rencontre José Emilio Sánchez Trashorras, un ancien mineur diagnostiqué schizophrène et bipolaire, trafiquant de drogue et informateur de la police. Pol López incarne le personnage d’Emilio, l’un des meilleurs rôles de la minisérie. Si ‘Nos vemos en otra vida’ était un film de Martin Scorsese, Sánchez Trashorras serait le personnage interprété par Joe Pesci.

‘Baby’ est fasciné par lui, comme pourrait l’être un personnage de Ray Liotta dans ‘Un de nos rois’. Mais en réalité, le criminel devient une figure paternelle pour le jeune homme. Si une autre personne avait croisé sa route avec une autre influence et des références, sa vie aurait peut-être pris un autre chemin.

La relation entre ‘Baby’ et Trashorras est cruciale pour comprendre le témoignage du jeune homme lors du procès. Son témoignage a été déterminant pour les condamnations. Ce père absent semble avoir été le ‘Rosebud’ de ‘Baby’, comme dans ‘Citizen Kane’. La question qui reste en suspens après la série : est-ce que le témoignage de ‘Baby’ était dicté par le regret ou par la rancœur envers celui en qui il avait une telle admiration ?

‘Nos vemos en otra vida’ ne présente pas de morale ou de moments de rédemption grandiloquents. Elle montre simplement les petits drames de ces hommes impliqués dans l’une des plus grandes tragédies terroristes en Espagne. Une série poignante et empreinte d’émotions qui rappelle les conséquences d’un acte terroriste sur la vie de ses victimes, mais aussi sur celle de ceux qui, malgré eux, en ont été complices.

source : Diario Córdoba – ‘Nos vemos en otra vida’, el Vaquilla en el 11M« 

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