- 🎬 Une nouvelle direction pour CineCercano après 14 ans d'engagement culturel
- 🍿 L'avenir incertain des cinémas d'été, piliers du patrimoine social cordouan
- 🌟 Un soutien renforcé pour la jeune création et le dialogue social par l'image
CineCercano défend le cinéma à Cordoue avec une passion qui dépasse l'écran. Alors que l'association fête ses quatorze ans et renouvelle sa direction, l'urgence est ailleurs : la survie des emblématiques cinémas d'été, menacés de fermeture dès cette saison.
CineCercano est l’association qui fait vibrer le cinéma à Cordoue depuis quatorze ans déjà. Avec le renouvellement de sa direction en 2024, ce collectif s’impose comme le rempart essentiel pour protéger une tradition locale menacée : les célèbres cinémas d’été en plein air, véritables poumons culturels de la cité califale.
Infos pratiques sur le cinéma associatif
- Dates : Programmation annuelle (CineCercano) ; saison d’été de fin juin à mi-septembre.
- Lieux : Diverses salles culturelles et les quatre enceintes historiques (Coliseo San Andrés, Delicias, Olimpia, Fuenseca).
- Tarifs : Généralement entre 4 € et 6 € pour soutenir les structures indépendantes.
- Accès : Majoritairement situés dans le centre historique et le quartier de Santa Marina.
Pourquoi CineCercano est vital pour le cinéma à Cordoue ?
L’association CineCercano n’est pas qu’un simple club de cinéphiles. C’est un projet politique et social qui utilise le septième art pour décrypter une société de plus en plus complexe. Lors de sa dernière assemblée, le passage de témoin à la nouvelle équipe — dirigée par Ana Ibáñez (présidente) et Carmen Luque (vice-présidente) — a marqué une volonté de continuité mais aussi d’alerte.
La force de ce collectif réside dans sa capacité à tisser des liens avec d’autres associations, créant une synergie similaire à celle que l’on observe lors des Premios MIN à Cordoue, où l’indépendance artistique prime sur les logiques commerciales. CineCercano se définit par sa « mirada plural » (regard pluriel), privilégiant des films qui ne trouvent souvent pas leur place dans les multiplexes aseptisés des zones périphériques.
« CineCercano réaffirme son désir de continuer à tisser des réseaux avec d’autres associations pour une culture partagée. »
— Communiqué de l’association CineCercano, mai 2024

Le péril des cinémas d’été : un patrimoine en sursis
Le point le plus critique abordé par la nouvelle direction concerne les cinémas d’été. À Cordoue, le cinéma en plein air n’est pas un luxe, c’est un mécanisme de survie sociale face aux nuits caniculaires. Imaginez des murs blanchis à la chaux, l’odeur du jasmin, et le crépitement d’un projecteur sous les étoiles. C’est ce que les locaux appellent l’essence même de l’été cordouan.
Concrètement, la situation actuelle est alarmante :
- Trois salles sur quatre sont aujourd’hui plongées dans l’incertitude faute d’accords de gestion.
- Le risque de perte d’usage culturel menace ces espaces qui font partie de l’identité urbaine depuis des décennies.
- L’absence de garanties publiques à l’approche de la saison estivale inquiète les acteurs du secteur.
Contrairement aux cinémas classiques, ces lieux ne vendent pas seulement un film, mais une expérience de quartier. La disparition de ces écrans signifierait la fin d’un rituel où les générations se croisent sur des chaises en bois, armées de leurs propres collations, pour un moment de pause collective.
Une résistance face au streaming et à l’isolement
Face à la montée en puissance des plateformes numériques, CineCercano mise sur la « proximité », comme son nom l’indique. L’idée est de transformer chaque projection en un débat, un échange de vues qui ancre le film dans la réalité locale. C’est cette même démarche de préservation de l’âme locale que l’on retrouve dans l’œuvre d’Alejandro López Andrada, qui documente la perte des traditions rurales face à la modernité.
L’association s’engage également à soutenir la création jeune. Dans une ville où le talent artistique est immense mais souvent contraint à l’exode, offrir un écran aux réalisateurs locaux est un acte de résistance. Selon les données de Cordópolis, l’association entre dans sa quatorzième année avec une maturité qui lui permet de peser dans le débat public, notamment auprès de l’Ayuntamiento (la mairie) pour la protection des cinémas d’été.
La nuit cordouane sans ses écrans blancs
Le cinéma indépendant à Cordoue traverse une phase de transition majeure. Si la vitalité associative ne se dément pas, elle se heurte à une réalité immobilière et politique qui privilégie parfois le profit immédiat au détriment de l’usage social. La nouvelle équipe de CineCercano a devant elle un défi colossal : transformer l’inquiétude en action législative pour que les projecteurs ne s’éteignent pas définitivement dans les patios du centre-ville.
Ce que les guides touristiques mentionnent rarement, c’est que le déclin des cinémas d’été à Cordoue n’est pas dû à un manque de public — les séances affichent souvent complet en juillet — mais à une complexité administrative qui paralyse leur ouverture. En 2023, une seule salle a fonctionné normalement sur les quatre disponibles, un chiffre qui illustre l’urgence de la situation pour 2024.

Questions fréquentes
Où se trouvent les cinémas d’été les plus authentiques ?
Les quatre salles historiques sont situées dans le centre, principalement dans les quartiers de Santa Marina et de la Magdalena. Le Coliseo San Andrés est sans doute le plus emblématique par son architecture et son histoire.
Quelle est la différence entre un cinéma d’été et une séance de cinéma en plein air classique ?
À Cordoue, les cinémas d’été sont des espaces permanents et dédiés, avec des écrans maçonnés et une architecture de patio. Ce ne sont pas des structures temporaires installées pour un festival, mais des monuments culturels à part entière.
Comment puis-je soutenir l’action de CineCercano ?
En participant à leurs projections régulières durant l’année et en restant attentif aux appels à la mobilisation pour la sauvegarde des salles d’été. L’association privilégie le cinéma en version originale, une rareté qui mérite d’être soutenue à Cordoue.
