Partager 0FacebookTwitterPinterestEmail 129 La vie violente à São Paulo : le terreau de la criminalité La ville de São Paulo a toujours été réputée pour sa violence et sa criminalité. Les quartiers riches côtoient les favelas, ces bidonvilles où règnent la pauvreté et l’insécurité. L’auteur britannique Joe Thomas a vécu pendant dix ans à São Paulo en tant que professeur dans une école de renom. Il a été le témoin de cette réalité quotidienne et a décidé de l’explorer dans sa série de romans noirs intitulée "Le quatuor de São Paulo". Son dernier livre, "Brazilian Psycho", est désormais disponible en Espagne et présente une radiographie de la ville et du pays dans son ensemble. Une lettre d’amour à São Paulo Dans son roman, Joe Thomas explique comment la violence et la criminalité sont profondément ancrées dans la ville de São Paulo. Cependant, il tient à souligner qu’il s’agit avant tout d’une lettre d’amour à la ville qui l’a accueilli et à ses habitants chaleureux et joyeux. L’auteur a voulu comprendre comment les inégalités sociales et les structures de pouvoir contribuent à maintenir cette violence. À travers ses personnages, qu’il soit policier honnête ou corrompu, délinquant, politicien ou journaliste sans scrupules, il tresse une multitude d’histoires et de sous-intrigues pour dresser un portrait saisissant du Brésil. Une mis en abîme de la violence à São Paulo Le roman "Brazilian Psycho" se déroule à deux époques différentes : en 2003, lorsque Lula da Silva a été élu président, et en 2018, lors des élections de Jair Bolsonaro. Les répercussions des politiques de ces présidents sont au coeur de l’intrigue du roman. En 2003, le directeur d’une école britannique d’élite est retrouvé assassiné, une mort inspirée de celle d’un ancien directeur de l’école où Joe Thomas a enseigné. En 2018, trois adolescents tuent un homosexuel dans un parc, influencés par le discours politique homophobe et misogyne de Bolsonaro. Selon l’auteur, les opinions extrêmes des politiciens comme Bolsonaro ou Trump légitiment les crimes de haine et alimentent la violence qui sévit à São Paulo. La société brésilienne face à la violence En tant qu’enseignant dans une école d’élite, Joe Thomas a été témoin du privilège et de l’indifférence de certains membres de la société brésilienne face à la violence qui les entoure. Il décrit notamment la police militaire brésilienne, accusée de violences et d’abus de pouvoir. Selon lui, cette même police a soutenu massivement la candidature de Bolsonaro car "le seul bon criminel est un criminel mort". L’auteur s’attaque également à la violence endémique envers les femmes et la communauté LGBT au Brésil, un pays pourtant réputé pour sa tolérance et son inclusivité. Corruption et pouvoir Le roman "Brazilian Psycho" met en lumière les scandales de corruption qui ont secoué le Brésil ces dernières années. Des affaires comme le Mensalão ou l’opération Lava Jato, ont impliqué des politiciens et des membres du Parti des travailleurs (au pouvoir à l’époque de Lula et Dilma Rousseff) dans des actes de corruption et de pots-de-vin. Pour Joe Thomas, ce dilemme entre les bonnes actions et les pratiques corrompues du Parti des travailleurs a poussé une partie de la classe moyenne à se tourner vers Bolsonaro lors des élections. Cependant, avec le retour de Lula en politique, l’auteur voit une lueur d’espoir pour le pays. En conclusion, "Brazilian Psycho" est un roman noir qui dresse un portrait complexe et sans fard de la ville de São Paulo et du Brésil. L’auteur nous plonge au coeur d’une société violente, inégale et corrompue, mais ne perd pas de vue sa lettre d’amour à cette ville et à ses habitants. Un livre à lire pour mieux comprendre les enjeux et les réalités d’un pays en proie à la violence et à la corruption. Vous pourriez être interessé par Han Kang : Première femme asiatique à remporter le Nobel de Littérature 10 décembre 2024 Richard Gere : L’art de combattre le chaos avec compassion 30 avril 2025 CorruptionRomanViolence Partager 0 FacebookTwitterPinterestEmail María Fernanda González María est notre journaliste voyage basée à Cordoue. En tant que Cordouane et exploratrice du monde, elle possède un talent particulier pour connecter les voyageurs francophones à l'essence de sa ville. Sur Escapade à Cordoue, María partage ses découvertes, ses conseils d'experte locale et ses récits qui donnent vie au patrimoine et à la culture vibrante de Cordoue et de l'Andalousie. Elle explore aussi bien les ruelles historiques de la Judería que les métropoles lointaines, toujours en quête d'histoires qui relient les gens et les lieux. Ses contributions sont une invitation à voir Cordoue à travers les yeux d'une passionnée, offrant des clés pour un voyage enrichissant en Andalousie. entrée prédédente Élection ‘Zorra’ pour Eurovision : Susana Díaz rejette le terme de ‘pute’ pour se sentir puissante entrée suivante La collaboration entre la mairie et Vodafone pour promouvoir l’utilisation des nouvelles technologies dans la gestion du patrimoine culturel A lire aussi Montalbán de Córdoba en mode électro : un... 3 décembre 2025 C3A de Cordoue : quand les bandas et... 2 décembre 2025 Cordoue en mode folk-blues : Juan Antonio Galiot... 1 décembre 2025 Cosmopoética à Cordoue : quand la gestion d’un... 30 novembre 2025 Semaine du Cinéma de Cordoue : comment Cinema... 29 novembre 2025 Cordoue le week-end : entre ciné d’auteur, flamenco... 28 novembre 2025 À Cordoue, les femmes des quartiers oubliés réinventent... 26 novembre 2025 Cordoue au-delà des cartes postales : quand les... 26 novembre 2025 Flamenco à Cordoue : Beli Moli, la voix... 24 novembre 2025 Guadamecí : quand l’or et le cuir de... 23 novembre 2025