mardi 28 mai 2024
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Le cocktail parfait de l’esprit mélodique et du swing : découvrez l’essence de la musique

par María Fernanda González

Le 43ème Festival International de Jazz de Grenade présente Èlia Bastida Trío avec Scott Hamilton. Èlia Bastida, violoniste, Scott Hamilton, saxophoniste ténor ; Joan Chamorro, contrebassiste ; Josep Traver, guitariste. Date et lieu : samedi 4 novembre, Teatro Isabel La Católica, Grenade.

La jeune violoniste Èlia Bastida, de formation classique initiale mais qui s’épanouit aujourd’hui dans le jazz, a suivi un parcours fructueux grâce à sa méthode et à son livre publié en collaboration avec 40 albums auxquels elle a participé, et dont plusieurs en tant qu’artiste principale. Ses recommandations didactiques sont basées sur l’écoute et la transcription d’autres instruments (Chet Baker, Dexter Gordon, Bill Evans, Charlie Parker…), en mettant l’accent sur l’adaptation d’un instrument qui, de nos jours, n’est pas l’un des plus courants dans ce genre musical. Les grandes références classiques, telles que Stéphane Grappelli ou Joe Venuti, sont toujours présentes, bien que Bastida ait ajouté explicitement la figure d’un autre instrumentiste de l’âge d’or, Stuff Smith. Nous nous souvenons également au Festival de Jazz de Granada de jeunes interprètes talentueuses, comme Yilian Cañizares. La décision de Juan Vida de mettre à l’honneur cette année les femmes instrumentistes est un véritable exploit, étant donné que le fait qu’une femme devienne leader d’une formation devient de plus en plus commun. Lors d’une soirée comme celle-ci, on remarque particulièrement le dialogue avec le son classique, pratiquement importé du firmament de l’âge d’or, du saxophoniste tenor Scott Hamilton, qui swingue parce qu’il a vécu cette époque de Benny Goodman. C’est un honneur d’entendre aujourd’hui quelqu’un qui a joué dans ce célèbre Big Band de clarinette. Les décennies suivantes, il a été fidèle à la douceur des premiers maîtres, tels que Coleman Hawkins ou Lester Young, aux accents d’une improvisation plus apaisée qui résistait contre l’ardent bop. Ce saxophoniste a su préserver ces éléments essentiels. Sa finesse et la clarté de son jeu sont remarquables lorsque cela est nécessaire. Et surtout, dans ce combo, les deux instrumentistes principaux racontent avec profondeur et sincérité. Leur discours recèle une énorme richesse, car c’est cela le jazz, plus que le simple développement d’accords, de gammes ou d’arpèges corrects. Le talent de Hamilton est remarquable, sa capacité à improviser, à jouer avec les bons outils à chaque instant. Son attitude nous aide à vivre et à comprendre ce qui se passe sur scène.

Cependant, deux facteurs cruciaux ont contribué à l’excellence de cette session : la beauté mélodique soignée par la violoniste, comme si chaque phrase était un trésor, et le soutien rythmique et harmonique apporté par Joan Chamorro et Josep Traver. On ne peut pas faire mieux. Le contrebassiste, dont la responsabilité comprend cette nouvelle génération de jeunes musiciens à travers l’école catalane et le Big Band qu’il dirige, est une véritable horloge suisse. Ce n’est pas un hasard si son son était plus clairement perçu, comme le remarquait Javier en première rangée, alors qu’il couvrait l’absence d’une batterie. La propreté sonore et la clarté des idées était essentielle et donnait un sens à leur performance. Il était toute la section rythmique et ressentait intensément chaque accord. Quant au guitariste, qui utilisait plus fréquemment des schémas de blues dans ses improvisations, il suppléait à l’harmonique habituel fournie par un piano. Dans un concept classique respectueux sans ostentation étrangère, la beauté de chaque standard rendait hommage sans cesse au mystérieux Grappelli, que nous en soyons conscients ou non, avec quelques incursions de bossa nova, ou l’interprétation d’autres classiques, comme la chanson Alfonsina y el mar. Nous nous souvenons de l’offrande d’une dernière représentation à Grenade, à l’Auditorio Manuel de Falla, quand le grand maître du jazz peinait à marcher, mais s’obstinait à continuer à jouer comme toujours. Le timbre de ce violon était quelque peu différent, car l’incroyable technique d’Èlia Bastida permet non seulement une perception impeccable du son, mais aussi un traitement des nuances expressives que devraient tous les élèves d’instruments à cordes entendre. Avant tout, en profondeur et avec affection, de ce qui est raconté musicalement. Et en plus de cela, l’impression de plusieurs interprétations vocales, où Bastida démontre avoir sa propre empreinte. Je pense que lui-même est une école, une façon de faire de la musique, que Joan Chamorro a une grande part de responsabilité, car elle conduit de nombreuses personnes à faire la queue pour acquérir les albums à la sortie. Hamilton, une légende, jouissait de cette atmosphère et cela se voyait sur son sourire. Quelle belle expérience de faire partie d’un mélange si respectueux, serein et sublime.
source : El Día de Córdoba

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