mardi 18 juin 2024
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Il n’y a pas de bonne famille.

par María Fernanda González

Le théâtre Kamikaze-Teatro Español présente la pièce : ‘Tan solo el fin del mundo’ de Jean-Luc Lagarce. Mise en scène par Israel Elejalde et interprétée par Irene Arcos, Yune Nogueiras, Raúl Prieto, María Pujalte, Eneko Sagardoy et Gilbert Jackson. Avec la collaboration de Monica Boromello pour la scénographie, Paloma Parra pour l’éclairage, Sandra Vicente pour le son, Sandra Espinosa pour les costumes, Alberto Torres pour la musique et Pedro Chamizo pour les vidéos. La représentation a lieu au Teatro Central le vendredi 12 janvier 2024.

Depuis toujours, le théâtre est un moyen pour les artistes de s’exprimer sur des sujets de société et de faire réfléchir le public. Et la pièce de Lagarce, écrite en 1990 lorsqu’il apprend sa séropositivité, en est un parfait exemple. Néanmoins, parfois le succès entraîne une admiration aveugle et la reconnaissance immédiate de l’œuvre comme un chef-d’œuvre incontournable de la littérature contemporaine. Mais est-ce vraiment le cas pour ‘Tan solo el fin del mundo’?

Le contexte de la pièce

Lagarce a écrit cette pièce en sachant qu’il était atteint du VIH, maladie encore fatale à l’époque. Elle raconte l’histoire d’un homme qui revient dans sa famille après des années d’absence pour annoncer sa maladie et sa mort prochaine. Certains ont pensé qu’il s’agissait d’une histoire autobiographique, mais il a été prouvé que ce n’était pas le cas. Mais le contexte personnel de l’auteur a sans aucun doute influencé la trame de son œuvre.

L’importance du langage dans le théâtre de Lagarce

Etudieux du langage, Lagarce le place au cœur de son théâtre, à l’instar de Koltés ou Rambert. Cela peut devenir une pièce maîtresse avec laquelle jouer et expérimenter, mais cela peut également être au détriment du public. Les spectateurs sont en effet une partie indispensable de cette équation qu’est le théâtre. C’est pourquoi Israel Elejalde, qui aime ce type de dramaturgie intellectuelle, tient à respecter l’œuvre de Lagarce.

Une vision décontextualisée de la pièce

Dans son adaptation cinématographique, Xavier Dolan a mis en avant l’homosexualité de son personnage principal, ce qui peut faire comprendre pourquoi il a choisi de quitter sa famille. Elejalde, quant à lui, décontextualise complètement le personnage et se concentre sur l’étude de la famille, en déconstruisant les clichés qui la définissent. Les monologues s’enchaînent et les membres de la famille ne se parlent pas. La première partie peut sembler très ennuyeuse, les acteurs étant comme des ombres dans cette famille moribonde. Leur jeu est froid et sans émotion. Certes, il y a du travail, mais cela ne suffit pas à toucher le public.

Une mise en scène qui laisse perplexe

Israel Elejalde a choisi une mise en scène minimaliste, soulignant ainsi la monotonie et l’isolement des personnages. Cependant, cette mise en scène peut laisser le spectateur perplexe et lui empêcher de s’immerger complètement dans cette histoire bouleversante. Les choix artistiques, aussi ambitieux soient-ils, servent seulement à émerveiller et ne touchent pas le cœur du public.

Conclusion

Si ‘Tan solo el fin del mundo’ est généralement considérée comme un chef-d’œuvre, cela laisse perplexe lors de cette représentation au Teatro Central. Lagarce a peut-être su trouver les mots pour parler de la mort et de la famille, mais Elejalde et sa troupe n’ont pas réussi à transmettre ces émotions au public. Cela prouve que parfois la forme n’est pas tout et que le théâtre doit avant tout toucher le cœur du spectateur.

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